Le tungstène, ou tungsten en anglais, est un métal aux propriétés exceptionnelles qui joue un rôle central dans la soudure TIG (Tungsten Inert Gas). Ce procédé, aussi connu sous le nom de GTAW (Gas Tungsten Arc Welding), repose sur une électrode en tungstène qui crée l’arc électrique nécessaire à la fusion des métaux.
Un métal d’une résistance extrême
Le tungstène est l’un des métaux les plus denses et les plus résistants à la chaleur de la planète. Son point de fusion atteint environ 3 422 °C, ce qui en fait le métal pur au point de fusion le plus élevé. Cette propriété permet à l’électrode TIG de ne pas fondre pendant la soudure, contrairement à d’autres procédés où l’électrode sert de métal d’apport. Elle reste stable tout en générant un arc puissant et précis, ce qui permet de réaliser des soudures nettes, contrôlées et sans projections.
Pourquoi dit-on qu’elle ne fond «normalement» pas?
Le mot «normalement» est utilisé parce que, même si le tungstène résiste à des températures extrêmes, il peut subir de l’usure, de la déformation ou une fusion partielle dans certaines conditions :
- si le courant est trop élevé pour le diamètre de l’électrode,
- si le gaz de protection (souvent l’argon) est mal réglé ou contaminé,
- ou si l’électrode touche accidentellement le bain de fusion.
Dans des conditions optimales, l’électrode conserve sa forme et son intégrité. C’est cette stabilité qui rend la soudure TIG si précise et fiable, notamment pour l’acier inoxydable, l’aluminium et les aciers carbone.
Les différents types d’électrodes en tungstène
Il existe plusieurs types d’électrodes en tungstène, différenciées par leur composition et leur couleur, chacune adaptée à un usage spécifique :
- Tungstène pur (vert – WP) : utilisé principalement pour l’aluminium et le magnésium, souvent en courant alternatif (AC). Il offre un arc stable, mais s’use plus vite.
- Tungstène au thorium (rouge – WT20) : excellent pour l’acier inoxydable et l’acier au carbone, utilisé en courant continu (DC). Il démarre facilement et permet un arc très stable, mais contient une petite quantité de thorium radioactif (à manipuler avec précaution).
- Tungstène à la cérium (gris – WC20) : polyvalent et sans radioactivité, idéal pour le stainless et les métaux légers. Il offre une bonne durée de vie et un amorçage facile.
- Tungstène à la lanthane (bleu – WL15 ou WL20) : très populaire pour le TIG moderne. Il convient à la fois pour l’aluminium et l’acier, avec une excellente stabilité et une faible usure.
- Tungstène à l’yttrium (violet – WY20) : surtout utilisé dans les applications industrielles à courant élevé, offrant une excellente tenue de pointe.
Chaque type d’électrode influence la qualité de l’arc, la durée de vie du tungstène et la finesse du cordon de soudure. Le choix dépend du métal à souder, du courant utilisé (AC ou DC) et du niveau de précision recherché.
Un allié indispensable de la soudure de précision
Grâce à sa résistance thermique exceptionnelle, sa stabilité électrique et la variété de ses alliages, le tungstène permet aux soudeurs TIG d’obtenir des soudures esthétiques, durables et d’une grande précision. C’est ce qui en fait un procédé privilégié pour les projets en acier inoxydable, en aluminium ou en métaux fins — là où la qualité visuelle et la résistance sont essentielles.